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Etape 20 : CLM Marseille

L’avant-dernière étape du Tour est le contre-la-montre de Marseille, ville faisant partie du site Natura 2000 Calanques, Iles Marseillaises, Cap Canaille et Massif du Grand Caunet (FR9301602).

Localisé au sein du territoire du Parc national des Calanques, ce site couvre 5 communes (Marseille, Cassis, la Ciotat, Roquefort la Bedoule, Ceyreste) et s’étend du Mont-Rose à Marseille jusqu’à La Ciotat, avec une interruption sur les espaces habités de Cassis. Il couvre également les espaces marins jusqu’à 10 milles nautiques des côtes et englobe l’archipel de Riou et du Frioul, ainsi que l’île de Planier et l’île Verte. 

La combinaison de ses paysages exceptionnels et son contact étroit avec la ville ont pour conséquence une forte pression anthropique. Celle-ci modèle les habitats naturels et lègue un patrimoine exceptionnel.

Pourquoi une telle richesse patrimoniale ?

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Territoire emblématique de la Provence méditerranéenne, à la fois terrestre, insulaire et marin, ce site Natura 2000 est connu pour ses paysages de grandes barres calcaires d’un blanc éclatant ou de roches sédimentaires rouge-orangé, de plateaux bordés par des falaises abruptes et profondément entaillées par des vallées terrestres, sous-marines ou mixtes : les calanques.

L’intérêt et l’originalité de ce site tiennent à l’exceptionnel continuum écologique entre mer et montagne qui fait de ce territoire un lieu de grand intérêt biologique.

Ce site héberge en particulier des récifs, des herbiers à posidonie et des grottes sous-marines. Pour la partie terrestre, les forêts de chênaie verte et les habitats rocheux de types falaises rocheuses et éboulis, dans lesquels se développe la sabline de Provence, espèce végétale endémique, sont les plus représentatifs.

La faune est variée et comprend des reptiles hors du commun (phyllodactyle d’Europe, lézard ocellé, etc.) et des chiroptères, dont l’espèce phare du minioptère de Schreibers. La faune marine, de grand intérêt patrimonial, est représentée par des espèces littorales (gorgones, éponges, hippocampe, etc.) et des espèces pélagiques d’intérêt communautaire comme la tortue caouanne et le grand dauphin.

Le site des calanques abrite également, lors de leur période de reproduction, des oiseaux marins pélagiques (puffin cendré, puffin de Méditerranée, océanite tempête de Méditerranée).

Zoom sur les eaux sous-marines et le grand dauphin

Le site des calanques est à la fois sous l’influence de la circulation générale en Méditerranée (courant liguro provençal), des vents qui font remonter les eaux profondes ou plonger les eaux de surface, de la houle et de la topographie locale. Il en résulte une forte diversité spatiale et temporelle des eaux. La vie sous-marine y est ainsi d’une remarquable richesse et d’une grande beauté : canyons profonds, grottes, herbiers de posidonie, coralligène, poissons emblématiques, corail rouge, etc.

Les campagnes de photo-identification réalisées sur la période de 2013-2015 dans le cadre du projet « GDEGeM Grand Dauphin Etude et Gestion en Méditerranée » a permis de mettre en évidence 151 groupes de grands dauphins, dont 4 dans la région de Marseille, et d’estimer l’abondance le long des côtes continentales de Méditerranée à 714 [505-992] individus. Afin d’affiner et d’améliorer la connaissance scientifique de l’espèce, une étude sur la population de grands dauphins sur les îles de Marseille est actuellement réalisée par le Groupe d’étude des cétacés de Méditerranée (GECEM), en partenariat avec le parc national des Calanques.

Parfois surnommé « souffleur », le grand dauphin (Tursiops truncatus) est le plus emblématique des mammifères marins présents en Méditerranée. C’est un cétacé à dents (odontocète) appartenant à la famille des delphinidés que l’on retrouve, à l’exception des zones arctiques et antarctiques, dans toutes les mers du globe. En Méditerranée, notamment dans le site Natura 2000 des Calanques, on le rencontre surtout le long des côtes, dans les zones où le fond n’excède pas 200 mètres.

Contrairement aux poissons, la queue des cétacés est horizontale est se nomme alors nageoire caudale. Cette particularité morphologique est adaptée à leur mode de respiration en surface.

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À l’âge adulte, le Grand Dauphin peut mesurer jusqu’à 3,60 m pour un poids de 300 kg. On le reconnaît à sa couleur grise avec le ventre plus clair et à son « sourire » assez caractéristique. Il présente également des marques sociales ou cicatrices, qui permettent aux scientifiques d’identifier chaque individu.

En liberté, ce cétacé a une durée de vie d’une cinquantaine d’années. Son menu est composé d’espèces variées (merlus, congres, poulpes, etc.) qu’il repère par écholocation grâce à une sorte de sonar naturel. Son mode de vie est grégaire : il vit généralement en groupe formé d’une quinzaine d’individus et donne naissance à un seul petit à la fois.

Quels sont les enjeux de conservation du site et du grand dauphin ?

Le maintien dans un bon état de conservation, entre autres des habitats littoraux et des habitats rocheux d’intérêt communautaire, requiert prioritairement un aménagement des accès. L’organisation des usages et des activités, ainsi que la sensibilisation des usagers, permettront également de créer des points de fixation de la fréquentation de manière à préserver les secteurs sensibles de l’espace naturel.

Quant au grand dauphin , il subit de nombreuses pressions en Méditerranée : collision avec des engins à moteurs, capture accidentelle dans des filets, pollution chimique et sonore, surpêche et perte d’habitat… Face à ces menaces, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a classé cette espèce comme vulnérable et protégée en Méditerranée.

Cette espèce fait l’objet d’un suivi régulier par les équipes du parc national des Calanques.

Les chiffres clés

5 communes
50 015 ha 
Entre - 1850 m et 646 m d’altitude
21 habitats d’intérêt communautaire
12 espèces animales terrestres d’intérêt communautaire
1 espèce végétale terrestre d’intérêt communautaire
2 espèces animales marines d’intérêt communautaire

Pour en savoir plus : http://www.calanques-parcnational.fr/fr - Rubrique « Des Actions », onglet « Protéger et Préserver »