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Etape 4 : Mondorf-les-Bains > Vittel

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Belles de jour et reines de la nuit

L’étape du 4 juillet 2017 longe deux sites Natura 2000, dont un sur le territoire du Parc naturel régional de Lorraine, qui présente de nombreuses espèces remarquables : Pelouses du pays messin (FR4100159) et Gîtes à chiroptères de la Colline inspirée – Erablières, pelouses, église et château de Vandeleville (FR4100177).

Parmi ces espèces, les orchidées sauvages resplendissent la journée sous les rayons du soleil alors que les chauves-souris règnent en maître dès la nuit tombée.

Les orchidées sauvages

Les orchidées sauvages présentes sur les pelouses calcaires du pays messin confèrent à ce milieu naturel le statut d’habitat prioritaire. Elles s’y épanouissent sous des conditions chaudes et sèches.

Ces pelouses sont situées sur des flancs de coteaux qui bénéficient d’une bonne exposition au soleil ; elles se développent préférentiellement sur les sols calcaires en pente, et donc secs, car les eaux de pluie s’y infiltrent rapidement.

Parmi toutes les espèces de flore présentes sur les pelouses calcaires, les orchidées sauvages font partie des plus remarquables et surprenantes. 

Les noms donnés à la plupart des orchidées sont très souvent liés à leur apparence :

  • l’orchis pyramidale a la forme d’un cône de couleur mauve
  • chacune des fleurs de l’orchis singe rappelle la morphologie d’un singe
  • l’odeur de l’orchis bouc évoque celle de l’animal

Certaines orchidées (notamment le groupe des ophrys) utilisent la stratégie du mimétisme pour se reproduire. En effet, elles vont parfaitement ressembler à la femelle de l'insecte qui les pollinise : afin de l’attirer, elles copient toutes ses caractéristiques, que ce soit sa forme, sa couleur, sa pilosité, et parfois même son odeur ! Parmi ces espèces, nous pouvons citer l’ophrys abeille, l’ophrys bourdon ou encore l’ophrys mouche, dont les noms sont une fois encore évocateurs.

Au crépuscule, ces délicates demoiselles font place aux espèces nocturnes tout aussi fragiles, dont les chauves souris sont probablement les plus mystérieuses et malheureusement les plus méconnues.

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Les chauves-souris

Les gîtes à chiroptères de la Colline Inspirée accueillent actuellement la population la plus importante de Petit rhinolophe de Lorraine lors de sa période de reproduction ainsi que d’importantes colonies de mise bas de 2 autres espèces de chiroptères rares.

Ces zones justifient ainsi leur importance européenne et leur regroupement en un site Natura 2000, qui malgré la vulnérabilité de ces 3 espèces, à permis de maintenir voire améliorer leur état de conservation.

Les chauves-souris (aussi appelées chiroptères, du grec qui vole avec les mains) sont les seuls mammifères volants. En Europe, elles chassent la nuit et se nourrissent presque toutes de petits insectes volants, qu’elles repèrent grâce aux ultra-sons qu’elles émettent.

Toutes les espèces présentes en France (34 actuellement en France métropolitaine) sont protégées par la loi. Elles pèsent entre 10 et 40 grammes, pour une envergure de 40 cm au maximum.

Elles sont malheureusement victimes de leur mauvaise réputation, majoritairement due à de fausses croyances. Voici quelques vérités :

  • les chauves-souris sont inoffensives ! Les espèces « vampires » existent seulement en Amérique Centrale et en Amérique du Sud
  • elles ne s’accrochent pas aux cheveux
  • elles ne donnent naissance qu’à un petit par an et sont donc très loin d’être prolifiques

Le cycle de vie des chauves-souris est passionnant et encore méconnu : 

  • elles hibernent (de novembre à mars) le plus souvent dans d’anciennes carrières, mines, ou encore ouvrages militaires désaffectés. Ces lieux présentent une température et un taux d’humidité constants. Durant cette période, elles sont extrêmement fragiles et sensibles au dérangement
  • dès leur réveil, au printemps, les chauves-souris se mettent en quête de nourriture mais également d’un gîte où les femelles se rassemblent pour mettre bas (arbres creux, greniers, ponts, etc.) et veiller sur leurs petits. En effet, bien que l’accouplement ait lieu en automne, la fécondation ne se produit que plusieurs mois après et les petits naissent en moyenne après deux mois de gestation (juin)
  • durant l’été, les mères allaitent les jeunes, puis ceux-ci apprennent rapidement à voler et à chasser seuls
  • à l’automne, les femelles quittent les gîtes de mise bas et partent à la recherche de mâles pour s’accoupler. Puis les colonies de chauves-souris se regroupent dans les gîtes d’hibernation pour y passer l’hiver, parfois très loin de leurs autres lieux de vie.

Recommandations 

Sur les sites protégés, ne pas cueillir les fleurs. Certaines espèces sont protégées donc leur cueillette est interdite. Prenez-les plutôt en photo !
Ne pas déranger les chauves-souris, si vous les croisez dans une grotte ou un arbre creux. Ces espèces sont très sensibles au dérangement, surtout en période d’hibernation. Les déranger l’été peut aussi causer la mort de leur unique petit, qui s’accroche à sa mère. S’il chute, il ne pourra alors plus la rejoindre !