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Etape 7 : Troyes > Nuits-saint-Georges

Zoom sur la cigogne noire

Le tracé de la course longe à mi-parcours, au nord du département de la Côte-d’Or, le site Natura 2000 des Massifs forestiers et vallées du Châtillonais (FR2612003). Les forêts, entrecoupées de clairières et de marais, recouvrent les vastes plateaux calcaires entaillés de vallées étroites et encaissées.

L’ensemble, formant un paysage remarquable, offre une diversité d’habitats naturels favorables à de nombreuses espèces d’oiseaux, nicheuses, hivernantes ou migratrices. La zone forestière du site a le privilège d'abriter des espèces forestières rares en France et dans la région : le pic cendré, l’aigle botté, la chouette de Tengmalm…et la cigogne noire.

Caractéristiques et mode de vie

Légèrement plus petite que la cigogne blanche, la cigogne noire en est presque le négatif ! L’adulte est reconnaissable à son manteau noir qui présente des reflets finement irisés de vert et de pourpre. Seuls le dessous de la queue, le ventre et les aisselles sont blancs. Les pattes sont rouge-vif, le bec et le tour de l’œil rouge carmin. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. Avec une envergure de 150 cm, elle est un échassier de taille respectable.

Sa nourriture est essentiellement constituée de poissons qu’elle pêche en eau peu profonde. Elle mange aussi des insectes (criquets) et des amphibiens, plus rarement des mammifères, reptiles, crustacés et jeunes oiseaux.

L’été, elle vit principalement dans les grands massifs forestiers tranquilles, parsemés de ruisseaux, d’étangs, de marais ou de prairies humides. Malgré sa grande taille, sa discrétion rend difficile les observations et il n’est pas rare que les spécialistes qui cherchent son nid ne le trouvent pas !
Les conditions hivernales ne lui permettant pas de trouver assez de nourriture sous nos latitudes, elle quitte en automne les zones de nidification pour se diriger vers l’Afrique de l’Ouest (Mauritanie notamment). Mêmes les jeunes de l’année, qui ne se reproduisent pourtant pas la première année, réalisent ce grand voyage et reviennent sur les zones de nidification au printemps suivant.

Etat de conservation et mesures de préservation

La cigogne noire, qui avait quasiment disparu comme nicheuse d’Europe occidentale, a entamé un retour il y a quelques dizaines d’années. Oiseau privilégiant essentiellement les zones forestières pour la nidification, il a été victime des destructions massives et du déclin des forêts.

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Aujourd’hui protégé, il re-colonise progressivement l’ouest européen. En 2015, sa population totale est estimée entre 40 et 70 couples nicheurs, dont 3 à 6 couples sur le site (près de 60 000 ha) et ses abords.

La sauvegarde de la cigogne noire nécessite la présence de massifs forestiers pour nicher mais aussi, pour son alimentation, de petits cours d’eau de bonne qualité (zone à truites et cincles plongeurs) et de prairies de fond de vallées.

Les actions engagées en France pour conserver l’espèce se concentrent sur la sauvegarde des prairies fréquentées et la bonne qualité de l’eau, en plus d’assurer la tranquillité des nichées lorsqu’elles sont connues !

Au-delà des frontières métropolitaines, la préservation de la cigogne noire dépend aussi des conditions de vie qui lui sont offertes sur sa route migratoire et sur ses lieux de vie en période hivernale.

 

 

 

Sources : INPN, http://www.cigogne-noire.fr, Science & Nature Hors série n°12