PARTAGER

La préservation des poissons migrateurs

vignette_67_33
texte_p_67_33

Saumons, anguilles, esturgeons, lamproies, aloses... À l’occasion de la journée mondiale des poissons migrateurs du 21 mai, le point est fait sur les différents enjeux de protection de ces espèces.

À quels dangers sont confrontés les migrateurs ? Quelles sont les actions mises en place par l’Agence pour les préserver ? Le point sur un enjeu majeur de protection de la biodiversité.

Qu’est-ce qu’une espèce migratrice ?

Pour accomplir leur cycle de vie, certains poissons circulent entre le milieu marin et l’eau douce. Ce grand voyage se fait toujours pour les mêmes raisons : les zones de reproduction et les milieux de croissance ne se trouvent pas dans les mêmes eaux. Ce voyage peut durer d’une journée à plusieurs années.

Les migrateurs face aux dangers

Depuis plusieurs décennies les populations de ces espèces subissent un fort déclin continu. Certaines d’entre elles figurent aujourd’hui sur la liste rouge mondiale des espèces menacées. De nombreux facteurs ont été identifiés comme susceptibles d’entraver le bon déroulement de leur migration et donc de leur cycle biologique. 

vignette_67_33
texte_p_67_33

Quels types de pression ? 

  • Les aménagements sur les cours d’eau, obstacles à la migration - présence d’obstacles – barrages, seuils, ponts, écluses - sur les cours d’eau contribue à la dégradation des conditions de migrations et limite l’accès aux habitats pour les migrateurs,
  • La dégradation de la qualité de l’eau et de leurs habitats –les habitats qui sont des aires de reproduction, de repos et d’alimentation pour ces espèces sont dégradés ou détruits par les activités humaines (activités de loisirs, rejets d’eaux usées, le manque d’eau en amont liés aux obstacles….)  
  • La surpêche  et le braconnage – Avec un stock de population en situation critique et une interdiction de pêcher ces espèces qui font l’objet de plan de sauvegarde, associées à une demande (commercialisation) importante de ces espèces comme la civelle, l, des réseaux de braconnage et de commercialisation illicite de l’espèce émergent mettant encore plus en danger les espèces concernées.

Les missions de l’Agence pour la préservation des migrateurs

Gestion de la pêche : contrôle de la pêche professionnelle des migrateurs et lutte contre la pêche illégale

Pour reconstituer le stock de certaines espèces migratrices, il est nécessaire d’en réduire la pêche. Des mesures efficaces de gestion de la pêche ont été mises en place pour contrôler les pêches professionnelles et de loisirs ainsi que pour lutter contre le braconnage.  

Des mesures pour limiter l’activité de pêche aux différents stades 
  • Une pratique soumise à autorisation spécifique
  • Des prélèvements de certaines espèces limités par la mise en place de quotas
  • Des actions de prévention auprès des professionnels de la pêche pour une meilleure compréhension des enjeux
Des contrôles pour s’assurer du respect des obligations 
  • Les pêcheurs professionnels et les mareyeurs (premiers acheteurs) sont soumis à une obligation déclarative des captures sous 48 h et à une traçabilité de leurs produits.
  • Des contrôles spécifiques sont réalisés régulièrement par les services en charge de la police de l’environnement afin d’endiguer les filières illégales de braconnage et de commercialisation…
Zoom sur les unités spécialisées migrateurs de l’Agence 

L’Agence française pour la biodiversité compte trois unités spécialisées migrateurs (USM) : USM Loire Bretagne ; USM Adour Garonne ; USM Normandie Hauts de France. Après avoir identifié les enjeux et les objectifs régionaux, les USM sont chargées de planifier et d’organiser les opérations de contrôle sur leurs vastes territoires respectifs. L’objectif ? Lutter contre le braconnage et les circuits illicites de commercialisation des poissons migrateurs.  

    Le maintien de la continuité écologique des cours d’eau

    La mise en œuvre de projets de préservation ou de restauration des milieux aquatiques favorise la sauvegarde des migrateurs. Ces actions constituent des leviers importants pour reconstituer les populations :

    • restaurer des habitats et préserver des milieux par la mise en place de protections juridiques sur les milieux concernés, 
    • garantir la libre circulation des espèces par la restauration de la continuité et des caractéristiques physiques des cours d’eau, 
    • aménager les obstacles à la libre circulation en installant des dispositifs de franchissement (passe à poisson) et garantir une quantité d’eau suffisante pour la vie aquatique (débits réservés).