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Campagne de pêche scientifique aux filets maillants sur le Lac de Serre-Ponçon

Du 18 au 22 septembre 2017, une campagne de pêche scientifique aux filets maillants a été menée sur le plan d’eau de Serre-Ponçon par la Direction interrégionale PACA CORSE et les services départementaux de l’AFB des Hautes- Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence.

L’objectif de l’opération est de connaître les caractéristiques du peuplement piscicole du plan d’eau de Serre-Ponçon et de fournir un certain nombre d’éléments de qualité sur sa fonctionnalité afin de suivre son état écologique et son état chimique.

Différents éléments de qualité physico-chimique et biologique sont évalués dans l'eau et/ ou les sédiments par différents opérateurs sous le pilotage de l’agence de l’eau.

Sur le plan biologique, en plus du poisson évalué par l'AFB, le phytoplancton, les invertébrés benthiques (vivants sur le fond) ou encore les macrophytes font l’objet d’analyses – prélèvements. La qualité hydromorphologique est également analysée avec une description de l’état des berges et du littoral de la retenue.
Sur l’ensemble du bassin hydrographique Rhône Méditerranée Corse, environ 80 plans d’eau font l’objet de ce type de suivis.

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Afin d’échantillonner le peuplement piscicole du plan d’eau, un protocole normalisé basé sur la prospection des différentes strates de profondeur à l’aide de filets maillants a été mis en œuvre. Deux types de filets étaient utilisés :

  • des filets « benthiques », similaires à des araignées, prospectant l’ensemble des strates de profondeur du plan d’eau en pêchant près du fond.
  • des filets « pélagiques », ont été,  quant à eux, tendus au niveau de la zone la plus profonde pour prospecter l’ensemble de la tranche d’eau. Ces deux types de filets sont munis de plusieurs mailles différentes, de manière à pouvoir capturer des poissons de taille différentes, et donc la majorité des espèces et des classes d’âge présentes dans le plan d’eau.

Compte tenu de la taille, environ 2800 ha, et de la profondeur du plan d’eau, d’environ 90 mètres au plus profond lors de l’opération, ce sont 64 filets benthiques et 4 batteries de filets pélagiques qui ont été tendus sur 4 nuits (8160 m² de filets tendus sur la semaine).

La totalité des poissons capturés a été identifiée, mesurée et pesée après démaillage, puis évacuée vers un centre d’équarrissage. Des relevés physico-chimiques simples (transparence, température de l’eau et oxygène dissous) ont également été mis en œuvre.

L’ensemble de ces éléments permettra d’établir un diagnostic du fonctionnement global du lac, basé sur les organismes intégrateurs des équilibres écologiques que sont les poissons.

A ce jour, les résultats ne sont pas encore analysés suffisamment attentivement pour en donner des interprétations fines. Mais il est d’ores et déjà possible de fournir quelques éléments sur les observations réalisées lors des pêches.

Le nombre d’espèces piscicoles reste identique (12 espèces) à celui de l’échantillonnage 2011. Le peuplement est principalement dominé par la perche, le gardon et le goujon, puis en second rang par l’ablette.

La perche et le brochet sont les 2 carnassiers capturés en 2017 tout comme en 2011. Le corégone, espèce typiquement lacustre, a été également échantillonnée tout comme des individus de toxostomes, chevaines et truites, reliques des habitats d’eau vive originellement présents dans la Durance ou l’Ubaye avant la mise en eau de la retenue.

D’autres espèces comme la blennie ou l’omble chevalier également présentes et capturées lors d’échantillonnages précédents n'ont pas été observées en 2017. Sur le plan des effectifs capturés, la stabilité des chiffres est remarquable : 1337 individus capturés en 2011, 1453 individus capturés en 2017, soit à peine 9% d’écart. 

Il reste maintenant à saisir toutes ces données de captures et à analyser notamment les structures de tailles et les abondances globales et inter spécifiques pour avoir une idée plus précise de l’état de santé du plan d’eau vis-à-vis des poissons peuplant Serre-Ponçon.

Cette opération s’inscrit dans la mise en œuvre nationale de la Directive européenne sur l’eau (DCE), cadre communautaire pour la gestion et la préservation des milieux aquatiques et de la ressource en eau et réalisée en application du Réseau de contrôle de surveillance de la DCE.

Cette directive vise comme objectif ambitieux la restauration de la fonctionnalité des hydrosystèmes (rivières, plans d’eau, eaux souterraines, eaux côtières), à échéances 2015, 2021 ou 2027 selon leur état de dégradation. Les mesures de gestion ou de restauration à mettre en œuvre pour maintenir ou atteindre le bon état sont synthétisées dans un programme d’actions et se déclinent par plan de gestion d’une durée de 6 ans, depuis 2009.