Stratégie nationale des aires marines protégées

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Présente dans tous les océans sauf l’Arctique, la France dispose du deuxième espace maritime mondial en superficie. Pour protéger ses richesses, elle a notamment choisi de mener une politique volontariste de création d’aires marines protégées (AMP) dans toutes ses eaux, métropolitaines et ultramarines.

Le réseau d’aires marines protégées couvre environ 23 % des eaux françaises. Cette couverture dépasse l’objectif fixé par le Grenelle de la mer de 20 % d’AMP en 2020 et celui de 10 % fixé par la convention de la diversité biologique.

Qu’est-ce qu’une aire marine protégée (AMP) et à quoi servent-elles ?

Une aire marine protégée est un espace délimité en mer au sein duquel un objectif de protection de la nature à long terme a été défini. Pour y parvenir, un certain nombre de mesures de gestion sont formalisées et mises en œuvre à travers des actions concrètes :

  • > suivis scientifiques,
  • > charte de bonnes pratiques,
  • > réglementation,
  • > surveillance écologique et réglementaire du milieu,
  • > information du public et des usagers,
  • > éducation à l’environnement…

L’objectif de protection n’est pas exclusif d’autres objectifs comme l'utilisation et l'exploitation soutenable des ressources marines, le maintien du patrimoine culturel marin, le bon état des espèces et des habitats patrimoniaux, le bon état des eaux marines, la valeur ajoutée économique et sociale, la création d’un lieu privilégié pour l’expérimentation ou la pédagogie…

 

La loi du 14 avril 2006 définit six catégories d’AMP

  • les parcs nationaux
  • les réserves naturelles
  • les aires de protection de biotope
  • les parcs naturels marins
  • les sites Natura 2000
  • le domaine public maritime relevant du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres.

Cette liste a été complétée par l’arrêté du 3 juin 2011 par de nouvelles catégories d’AMP* pour prendre en compte les engagements internationaux :

  • les biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial (Unesco) ;
  • les réserves de biosphères (Unesco) ;
  • les zones humides d’importance internationale (Convention Ramsar) ;
  • les aires spécialement protégées d’importance méditerranéennes (Convention de Barcelone) ;
  • les zones marines de protection protégées de la convention Ospar (Oslo-paris) ;
  • les zones spécialement protégées des conventions de Carthagène, Nairobi, et celle du traité de Madrid concernant l’Antarctique ;
  • les réserves nationales de chasse et de faune sauvage.

*Dans cette liste, les aires marines protégées ne concernent que les espaces ayant une partie marine.

Stratégie nationale de création d’AMP

 

La première stratégie d’aires marines protégées a été lancée en 2007 et ne concernait que les eaux métropolitaines. Elle visait notamment un programme d’actions à court terme qui mettait l’accent sur l’extension du réseau Natura 2000 en mer et la création d’un réseau de parcs naturels marins. Les évolutions importantes intervenues en matière de politiques de protection du milieu marin sur le plan national et international (stratégie nationale pour la mer et les océans, lois Grenelle instaurant une politique maritime intégrée, la directive-cadre stratégie pour le milieu marin, etc.) ont poussé la France à réviser, préciser et renforcer cette stratégie notamment  :

  • en renforçant les réserves naturelles ou zones de protection forte,
  • en articulant mieux entre elles les AMP,
  • en améliorant la prise en compte du lien terre mer,
  • en suivant et évaluant les résultats de la gestion, etc.

La version de 2015 de cette stratégie identifiait également des zones prioritaires d’action et prônait en particulier le développement d’AMP dans les Outre-mer.

Vers une nouvelle stratégie

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Plus de dix ans après la première version de la stratégie, la France s’apprête, lors du congrès mondial de la nature organisé en 2020, à Marseille, à présenter une nouvelle stratégie pour les dix ans à venir.

L’Agence française pour la biodiversité appuie le ministère de la Transition écologique et solidaire dans cette phase d’élaboration et de co-construction avec les acteurs concernés. Ainsi en partenariat avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un processus de concertation a été engagé au printemps 2019.

Le colloque national des aires marines protégées organisées du 22 au 24 octobre 2019 à Biarritz par l’AFB et le Comité français de l’UICN pour le compte du Ministère constituera un jalon important de l’élaboration collective de cette nouvelle stratégie. Il sera suivi le 25 octobre par le Forum des Aires protégées organisé par le MTES qui doit permettre de poser les bases d’une stratégie ambitieuse pour les aires protégées qu’elles soient terrestres ou marines.