En France métropolitaine, 742 espèces de flore menacées ou quasi menacées

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Pour la première fois, en France métropolitaine, l’ensemble des espèces de plantes dites « vasculaires », qui regroupent les fougères ainsi que les plantes à graines et à fleurs, ont été évaluées.

Les résultats viennent d’être publiés dans un nouveau chapitre de la Liste rouge nationale des espèces menacées en France.

Les analyses révèlent que 15% de la flore vasculaire est menacée ou quasi-menacée en métropole.

Cet état des lieux a été réalisé par :

  • le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France),
  • la Fédération et le réseau des conservatoires botaniques nationaux (FCBN),
  • l’Agence française pour la biodiversité (AFB),
  • le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).

La publication est le fruit de plus de trois années de travaux et  la synthèse de près de trente millions de données floristiques

Elle a mobilisé une quarantaine de botanistes, qui ont participé à l’examen de la situation de chacune des 4982 espèces de plantes indigènes recensées sur le territoire et l’analyse des menaces pour ce groupe extrêmement riche et diversifié. 

Première menace : la destruction et la dégradation des habitats naturels

L’urbanisation et l’aménagement du territoire font de nombreuses victimes parmi ces espèces telles que :

  • la Spiranthe d’été, une orchidée discrète classée « En danger critique », 
  • le Panicaut vivipare, une petite plantes à fleurs bleues, classée « vulnérable », toutes deux présentes en milieux humides.

En montagne, la Laîche à petites soies, classée « quasi menacée » est affectée par les aménagements tels que les routes, les stations de ski ou les retenues d’eau.

Quant au Séneçon des cours d’eau, il disparaît au fur et à mesure de l’artificialisation des berges et la canalisation des cours d’eau. 

D'autres éléments représentent également des menaces importantes pour le patrimoine floristique, parmi elles :

  • l’intensification de l’agriculture,
  • l’usage excessif d’herbicides,
  • le surpâturage (lorsque la densité de bétail est trop élevé, ndlr),
  • la déforestation,
  • la surfréquentation,
  • la cueillette
  • les pratiques de loisirs comme l’escalade. 

63 espèces qui n’existent nulle part ailleurs en voie d’extinction

L’Orchis de la Brenne, la Renoncule de Sylvie ou encore l’Armérie de Belgentier ont la particularité, comme une soixantaine d’autres, d’être des espèces endémiques du territoire métropolitain, c’est-à-dire qu’elles n’existent nulle part ailleurs.

Elles sont aujourd’hui « en danger critique ». La Violette de Cry, également endémique, est quant à elle désormais éteinte. Leur présence exclusive en métropole confère à la France une très forte responsabilité vis-à-vis de ces espèces. 

Une nécessaire prise de conscience et évolution profonde des pratiques de la société

De nombreuses actions sont mises en œuvre en France pour préserver les espèces de la Flore :

  • plans nationaux d’actions pour le Saxifrage œil-de-bouc ou encore le Panicaut vivipare,
  • mesures de gestion et de protection spécifiques des sites naturels abritant des plantes menacées,
  • développement de banques de semences, 
  • mise en culture de plants pour assurer la conservation ex situ des espèces les plus menacées,…

La poursuite et le renforcement de ces actions conjugués à une prise de conscience et une évolution profonde des pratiques de la société s’avèrent aujourd’hui indispensables pour préserver le patrimoine floristique exceptionnel de l’Hexagone.

A propos des Conservatoires botaniques nationaux

Parmi les nombreux acteurs qui se mobilisent sur le terrain pour renforcer les connaissances et préserver les espèces de la flore, les Conservatoires botaniques nationaux (CBN) sont en première ligne.

Agréés par le ministère de la Transition écologique et solidaire, ils exercent des missions de

  • connaissance, 
  • conservation, 
  • conseil auprès des pouvoirs publics,
  • sensibilisation du public au service de la flore sauvage, de la végétation et des habitats naturels.

Dix CBN se partagent la métropole et un CBN assure ces services pour La Réunion, Mayotte et les îles Eparses. Chaque CBN exerce ses missions sur son territoire d’agrément.

Au total, c’est près de 457 000 km2 du territoire national qui bénéficie de l’action d’un CBN. Depuis 2017, l’Agence française pour la biodiversité assure la coordination technique des Conservatoires botaniques nationaux.