La conservation de l’écrevisse des torrents, un projet expérimental pour la région Grand-Est

Espaces protégés
Milieux aquatiques
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De jeunes écrevisses nées en captivité seront introduites dans un cours d’eau du Parc naturel régional des Vosges du Nord, dans le courant du mois d’octobre.

Cette opération se déroule dans le cadre d’un projet de conservation de l’espèce lancé en 2017 par la DREAL Grand Est, l’Agence française pour la biodiversité (AFB), le Parc naturel régional des Vosges du Nord, la Citadelle de Besançon et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.

Essayer d'enrayer l'extinction de l'écrevisse des torrents

Cette réintroduction en milieu naturel n’est pas la première. En effet, une opération de ce type a déjà été réalisée l’année dernière. Au printemps 2017, un prélèvement de 31 femelles et 18 mâles avait été fait sur l’une des populations alsaciennes pour être confié à l’aquarium de Besançon.

La première génération née en captivité avait alors été relâchée dans le même cours d’eau. Peu de données ont pu être recueillies lors de cette expérimentation, mais il a tout de même été constaté une forte perte pendant la période de mue des écrevisses. La surveillance sera donc accrue à ce moment-là mais le projet est toujours dans sa phase de tests.

Si le groupe de travail s’est lancé dans ce projet expérimental, c’est pour essayer d’enrayer l’extinction de l’écrevisse des torrents. En effet, selon les critères établis par l'Union International pour la Conservation de la Nature (UICN, 2012), l'écrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium) est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées d'extinction en France dans la catégorie CR (en danger critique d'extinction).

La dernière enquête sur la répartition nationale des écrevisses en France, réalisée en 2014, avait permis de recenser quatre populations, dont trois localisées dans la région Grand-Est. En 2016, il est apparu que l’une des populations avait disparu et que ce phénomène pouvait être attribué à un épisode d'aphanomycose ou "peste des écrevisses".

De plus, face au déclin de l’espèce, la Commission européenne, dans le cadre de l’évaluation du réseau Natura 2000 (ensemble de sites naturels, terrestres et marins, qui vise à assurer la survie à long terme des espèces et habitats particulièrement menacés et représentatifs de la biodiversité européenne), a pointé l'insuffisance de prise en compte des populations d'écrevisses des torrents en région Grand-est. 

Recueillir des données sur la biologie et l’écologie d'une espèce méconnue

Parallèlement à l’introduction de jeunes écrevisses dans leur milieu naturel, des essais de translocation (transferts d’adultes) sont également testés sur un cours d’eau qui abritait autrefois des écrevisses. L’emploi de méthodes différentes de réintroduction permettra d’évaluer in-fine leur efficacité respective.

D'une manière plus globale, ce partenariat et ce projet, permettent d’obtenir des données précieuses sur la biologie et l’écologie de cette espèce méconnue. Des analyses génétiques sont également en cours, elles visent à caractériser les différentes populations et à vérifier si les populations françaises sont distinctes des populations voisines situées en Allemagne ou en Suisse.