Le pari des territoires sur la biodiversité

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Le 23 octobre, Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, François Bonneau, Président délégué de Régions de France et Philippe Martin, Président du Conseil d’administration de l’Agence française pour la biodiversité ont réuni les Présidents de Régions et les Vice-présidents délégués à la biodiversité des Régions lors d’un événement intitulé : « Le pari des territoires pour la biodiversité : coup de projecteur sur les agences régionales de la biodiversité ».

La biodiversité va mal. Nicolas Hulot l’a rappelé lors de son discours ce 23 octobre :

« Dans mon ancienne vie, j’ai vu de mes propres yeux cette biodiversité et ces écosystèmes. J’ai surtout vu la biodiversité se concentrer dans des espaces de plus en plus restreints. On se rend compte de ce qui va se passer quand ces dernières reliques vont s’effondrer, ce sont des pans entiers de la biodiversité qui vont disparaître. Si je regarde le rythme d’extinction en l’espace de 3 siècles, il a été multiplié par 100, nous tendons vers un facteur 1000 et nous irons probablement vers un facteur 10000. Aujourd’hui le temps n’est plus à l’hésitation mais à l’action ».

La loi sur la biodiversité adoptée en décembre 2016 ainsi que les lois qui réorganisent le découpage administratifs français (Loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles dite loi MAPTAM en 2014 et loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République dite loi NOTre en 2015), font des Régions les chefs de file des collectivités locales de la biodiversité et créent ainsi de nouvelles modalités d’intervention et de synergies territoriales.

C’est dans ce contexte que les Régions, l’État et l’Agence avancent main dans la main et en complémentarité pour la préservation de la biodiversité. Le coup de projecteur porté sur les agences régionales de la biodiversité (ARB) montre combien ces nouvelles organisations sont attendues. 

Dans le paysage territorial de la politique publique de la biodiversité, ces ARB sont une innovation et une ambition majeures ; elles vont aider à relever le défi de la reconquête de la biodiversité, qui recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie (milieux aquatiques, terrestres, littoraux et marins).

Ce sera «  une opportunité historique pour démontrer que l’action collective et la mise en commun des compétences et des réseaux vont nous permettre de relever trois défis majeurs : d'abord contribuer à stopper l’érosion de la biodiversité, une érosion qui s'accélère et fait peser un risque majeur pour notre société toute entière, ensuite envisager sa reconquête avec des projets ambitieux, pour lesquels l’innovation sera souvent la clef, enfin reconnecter l’homme à la nature, car c’est aussi de cela qu'il s’agit » a souligné Philippe Martin, président du Conseil d’administration de l’Agence lors de son discours introductif à cette journée. 

Pour Christophe Aubel, directeur général de l’AFB, ces ARB représentent « L’intelligence de coupler la collectivité régionale, qui apporte la légitimité de ses compétences nouvelles de cheffe de file, et un établissement public « cœur de réseau » sur l’enjeu de la biodiversité va permettre ». Elles vont également faciliter la dissémination d’expériences et de bonnes pratiques d’une région à l’autre, et de la métropole aux outre-mer ».

Toujours pour l’Agence, les ARB sont une vraie coopération. Pour reprendre une image bien connue tirée des relations entre les espèces, cela doit être une interaction dans laquelle les deux partenaires trouvent un avantage. Et Christophe Aubel de réagir : « Un jour peut être viendra-t-on constater que cette relation se transformera en symbiose, l’interaction dans laquelle les deux partenaires ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre » 

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A ce jour, 8 régions (Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Normandie, Île-de-France, Bretagne et Nouvelle-Aquitaine) se sont lancées dans l’exercice de création d’Agences régionales de la biodiversité. La collectivité de Mayotte a signalé en séance son souhait de rejoindre ce peloton de tête.

« Après cette première étape de préfiguration, je souhaite vivement que les travaux que vous menez aboutissent au plus vite pour faire de ces Agences des ambassadrices de la biodiversité auprès de toutes les collectivités, en accompagnant leurs projets et étant en capacité d’aider les maîtres d’ouvrage en lien avec les programmes des Agences de l’eau.

Enfin, ces Agences régionales de la biodiversité ont également vocation à aider les citoyens à comprendre les enjeux de la biodiversité dans leur quotidien, de manière à ce qu’ils prennent conscience de sa fragilité et voient leur capacité d’agir renforcée » a conclu Nicolas Hulot.

En fin d’après-midi, l’engagement des acteurs s’est matérialisé par la signature d’une déclaration d’intention nationale qui prend acte que Régions, Agence française pour la biodiversité et État vont ensemble faire le pari des territoires pour le déploiement des politiques en faveurs de la biodiversité.