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Projet de parc éolien en mer à Dieppe-Le Tréport - Le conseil d’administration de l’Agence rend un avis conforme favorable avec réserves

Milieu marin
Parcs naturels marins
Presse
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Le conseil d’administration de l’Agence française pour la biodiversité s’est réuni ce mardi 20 février. Il a rendu un avis favorable avec réserves sur le projet de parc éolien en mer Dieppe-Le Tréport dont la partie nord-est de son périmètre est située dans le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, sous la compétence de l’Agence française pour la biodiversité.

 

Un projet éolien qui a évolué pour mieux protéger la biodiversité marine

Le 20 octobre 2017, le conseil de gestion du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale a rendu un avis défavorable sur le projet éolien Dieppe Le Tréport. Suite à cet avis, le porteur du projet, la société Eoliennes en mer Dieppe-Le Tréport (EMDT) dont l’actionnariat est constitué des sociétés ENGIE, EDP Renewables et de la Caisse des dépôts, a informé l’Agence française pour la biodiversité de son souhait d’amender le projet.
Ainsi, le conseil d’administration de l’Agence du 27 novembre 2017 et son président Philippe Martin, ont souhaité auditionner la société EMDT afin qu’elle puisse présenter les évolutions apportées au projet visant à mieux prendre en compte les enjeux environnementaux identifiés par le Parc.

Suite à l’audition, le projet a très largement évolué sur les sujets suivants :

  • La prise en compte des impacts potentiels cumulés liés à d’autres projets dans le périmètre du Parc ;
  • Les effets et impacts potentiels sur les fonds marins et les espèces y vivant ainsi que sur les dynamiques sédimentaires ;
  • La prise en compte des impacts potentiels sur les oiseaux  et les chiroptères en raison du nombre et de la dimension des éoliennes (62 éoliennes de 196 m de haut) ;
  • Les impacts potentiels sur les mammifères marins et les espèces halieutiques ;
  • L’effet sur la qualité de l’eau et les sédiments ;
  • L’impact paysager.

En sus, quatre mesures supplémentaires importantes ont été adoptées :

  • Ne pas faire de battage de pieux dans les zones de travaux pendant les 4 mois de forte présence d’espèces marines. Cette présence est en lien avec les périodes de reproduction et de développement  de ces espèces ;
  • Rehausser la hauteur de l’éolienne  pour réduire les risques de collisions avec l’avifaune ;
  • Augmenter le budget du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) qui sera créé pour effectuer des suivis scientifique et technique ;
  • Revoir  les anodes sacrificielles qui sont souvent en métaux qui se dissolvent dans l’eau et peuvent être polluants.

Au final il s’agit bien d’un nouveau projet.

 

Un avis favorable avec réserves

Sur la base de ce projet revu, le conseil d’administration de l’Agence française pour la biodiversité a adopté ce jour un avis conforme favorable avec réserves.

Les réserves portent sur :

  • la nécessité de compléter certains suivis pour une amélioration des connaissances des différents impacts ;
  • la rehausse de plusieurs niveaux d’impacts, notamment pour le déclenchement des mesures : Eviter, Réduire, Compenser (ERC) ;
  • la révision de niveaux d’enjeux qui, le cas échéant, peuvent entraîner une révision des niveaux d’impacts.

Cet avis de l’Agence est dit « conforme » car il porte sur un projet pouvant avoir un impact potentiel sur le milieu marin d’un parc naturel marin. L’avis doit alors être suivi par les services de l’Etat instructeurs du dossier.
Selon Philippe Martin : « La décision du conseil d’administration est une position d’équilibre, et le résultat d'une vraie concertation avec les différents acteurs du projet. Le conseil de gestion du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale avait montré les impacts potentiels du projet sur la biodiversité marine, lesquels avaient justifié son avis négatif.

Il a été entendu.

Le porteur de projet, EDMT, a en effet tenu compte de ces analyses et de ces remarques, et nous a présenté un projet permettant de mieux concilier l'indispensable développement des énergies marines renouvelables et la prise en compte tout aussi indispensable de la préservation de la biodiversité marine. Nous serons bien évidemment très vigilants sur la mise en œuvre des recommandations et réserves exprimées ce jour.
Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale et l’ensemble des 9 parcs naturels marins français ont vocation à rester des lieux d’expérimentation des projets du futur.
»

Contacts :

Céline Piquier | Maguelonne Deschard
presse@afbiodiversite.fr | 07 60 04 63 27