PARTAGER

Suivi comportemental des anguilles sur La Cagne

Connaissances
Milieux aquatiques
vignette_67_33
texte_p_67_33

La direction interrégionale PACA-Corse de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) participe à une étude comportementale des anguilles argentées sur le fleuve côtier La Cagne.

Cette opération vise à améliorer la connaissance de la mécanique migratoire de l’espèce sur la façade méditerranéenne afin de mieux la protéger.

Comportement migratoire des anguilles argentées

Du 3 au 5 septembre, 300 individus ont fait l’objet d’un marquage dans trois secteurs situés sur les communes de Cagnes-sur-Mer, de la Gaude et de Vence. Les agents de l’AFB, formés à l'expérimentation et à la chirurgie sur des espèces aquacoles ont encadrés cette opération en veillant à préserver au maximum les spécimens concernés.

Dans un deuxième temps, les poissons sont localisés par des antennes disposées à proximité de l'embouchure du fleuve qui détectent les capteurs logés sous leur peau. Le dispositif a été renforcé cette année avec l’installation d’antennes supplémentaires situées en aval de la première station de pêche et de marquage. Le suivi comportemental s'effectuera également sur les anguilles marquées les années précédentes et qui n'ont pas encore quitté le bassin versant. Il permettra de savoir si l’avalaison - le retour des individus vers la mer - se fait en une ou plusieurs fois et de connaître le temps écoulé entre le franchissement des deux jeux d’antennes.

Comprendre pour préserver

Cette étude est portée depuis 2017 par l’association Migrateurs Rhône Méditerranée, avec le concours de l’AFB et la Fédération de Pêche des Alpes Maritimes. Son objectif est de mieux connaître la biologie de l’anguille argentée, notamment leur comportement d’avalaison. Les questions sont nombreuses : qu’est-ce qui déclenche la migration ? La valeur du débit de l'eau joue-t-elle un rôle important ? Les anguilles sont-elles sensibles aux apports d'eau modestes ou abondants comme lors des fortes crues ?

Sur la façade atlantique, on sait d’ores et déjà quel les anguilles migrent majoritairement lors de crues. Cette étude doit permettre de vérifier si ce comportement est transposable aux cours d’eau méditerranéens. Une meilleure compréhension des mécanismes biologiques permettra peut-être de modifier la gestion des usages de l’eau afin de préserver cette espèce en difficulté.

En savoir plus :

Pour étudier le procédé migratoire des anguilles, les scientifiques observent leur stade d’argenture. Cette métamorphose intervient au cours de leur cycle vital et précède la migration marine de reproduction. La taille de la nageoire pectorale et le diamètre de l’œil sont les paramètres qui permettent de déterminer précisément l’argenture d’un individu.