La rentrée des aires marines éducatives : 100 projets développés

Espaces protégés
Milieu marin
Politiques publiques

Septembre fut le mois de la rentrée des aires marines éducatives (AME). Au cours de l’année, 100 projets seront développés dans les parcs naturels marins, parcs nationaux et sur tous les littoraux de France.

Les aires marines éducatives (AME) s’inspirent des aires marines protégées. La classe qui prend en charge l’AME doit apprendre à la connaître, à poser un diagnostic pour concevoir les actions de gestion. Les décisions sont prises par le conseil des enfants de la mer qui associe parfois les acteurs locaux. Le service mobilisation citoyenne l’Agence française pour la biodiversité (AFB) assure la coordination de ce dispositif.

Des enjeux pédagogiques, scientifiques et civiques

Les AME offrent également aux élèves une ouverture sur le monde et l’occasion de découvrir, apprendre, comprendre pour mieux protéger l’environnement

« Il y a un enjeu pédagogique, scientifique et civique, souligne Jean-Michel Valantin, haut fonctionnaire au développement durable du ministère de l'Éducation nationale. C'est un support qui permet aux élèves de s'éveiller à la découverte active du monde qui les entoure. C'est le but de l'éducation au développement durable : ils comprennent les données et les enjeux. Ils deviennent partie prenante de la vie de leur territoire. Le fait qu'on écoute ce qu'ils proposent permet de valoriser et de reconnaître le travail réalisé par la communauté éducative. » 

Les enfants : acteurs au centre du dispositif

« C'est l'un des outils d'éducation à l'environnement les plus performants que j'ai eu à mettre en place. » Jean-Louis Pierragi, animateur éducation à l’environnement à l'Office de l'environnement corse et référent de l'aire marine éducative de Bonifacio, est enthousiaste.

« Ce qui fonctionne, c'est de placer l'enfant au cœur du dispositif d'apprentissage. Ce sont eux qui choisissent et mettent en place les suivis scientifiques. Leur action est aussi valable que celle réalisée par des adultes », assure-t-il.

Les premiers résultats sont là

« En Guadeloupe, les élèves sensibilisent les baigneurs et ont mis en place un protocole pour suivre la quantité et le type de macrodéchets sur leur AME. Ils ont ainsi pu constater la diminution de certains d’entre eux. C'est intéressant de pouvoir travailler à long terme, souligne François Morisseau, chargé de mission au sein du service mobilisation citoyenne de l’Agence (Direction de la communication et de la mobilisation citoyenne), qui coordonne le réseau. Le partage d’expérience fait aussi monter les projets en qualité. »

Une aire marine éducative, qu’est-ce que c’est ? 

C’est la rencontre d’une classe et d’une zone maritime littorale de petite taille. Accompagnés par un référent, les élèves et leur professeur prennent en charge sa gestion. Né aux Marquises en 2012, le dispositif a essaimé sur tout le littoral. Au sein de l’Agence française pour la biodiversité, c’est le service mobilisation citoyenne qui assure la coordination. 

Le réseau compte aujourd’hui 51 écoles labellisées et une cinquantaine d'écoles supplémentaires se sont inscrites en 2018. Le plan biodiversité annoncé par Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, le 4 juillet, fixe un  objectif de 500 écoles engagées dans la démarche avec leurs petites sœurs, les aires marines éducatives terrestres.