Pollution aux hydrocarbures et environnement marin : l'AFB mobilisée en Atlantique

Milieu marin
Parcs naturels marins

Depuis 10 jours, les équipes de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) contribuent au plan antipollution coordonné par les services de l’État suite au naufrage de « Grande America » à l’ouest des côtes de la Charente-Maritime et à la pollution en mer générée.

Elles apportent leurs compétences environnementales à la gestion de crise au sein du volet POLMAR du dispositif ORSEC en appui notamment à la préfecture maritime de l’Atlantique et à la la cellule de zonage de suivi environnemental de la DREAL Aquitaine. 

À ce jour, la pollution aux hydrocarbures reste circonscrite au large, à la hauteur du plateau continental, à 320 kilomètres environ en face de La Rochelle.

Les calculs de dérive ne permettent pas encore de déterminer quelle partie du littoral sera affectée ou pas, ou encore si les côtes françaises seront épargnées. (www.premar-atlantique.gouv.fr)

L’AFB a mis en particulier à disposition des cartes permettant d’identifier et de géo localiser les habitats marins et littoraux les plus sensibles aux pollutions par hydrocarbures. Ces informations ont pour objectifs d’aider l’action de l’État en mer et le choix des priorités des interventions de dépollution.

La plupart des habitats de la côte atlantique, de Houat à Hendaye, ont ainsi été cartographiés en fonction des connaissances et données disponibles.

    L’identification des écosystèmes jugés les plus sensibles aux pollutions a été réalisée au regard de leur dimension patrimoniale, de leur fragilité intrinsèque aux pollutions de cette nature ou de la difficulté de nettoyage en cas de pollution effective :

    • Les prés-salés ;
    • Les vasières soumises aux marées ;
    • Les herbiers de zostères marins ou naines ;
    • Les hermelles ;
    • Les habitats rocheux.

    Ces habitats, situés sur le rivage, sont sensibles à la pollution et difficile à protéger compte tenu des techniques à déployer ou même de l’absence de possibilité de nettoyage. Les cartes de sensibilité des habitats ont également été diffusées aux gestionnaires d’aires marines protégées.

    L’antenne Atlantique de l’AFB, les équipes des trois parcs naturels marins de la façade (Bassin d’Arcachon, Estuaire de la Gironde et mer des Pertuis et Iroise) et l’équipe Marha (projet européen dédié à la protection des habitats marins de Natura 2000) sont particulièrement en alerte. La façade atlantique compte au total 187 aires marines protégées dont trois parcs naturels marins, plus d’une centaine de sites Natura 2000 et neufs réserves naturelles.  

    Les oiseaux marins en première ligne de la menace

    L’AFB appuie également les autorités sur les risques potentiels encourus par les oiseaux marins. Elle a fourni un état des lieux des enjeux écologiques pour les oiseaux de la façade - dont certains sont protégés - et préciser leur présence en cette période de l’année.

    Le golfe de Gascogne et les oiseaux marins

    Le golfe de Gascogne joue un rôle particulièrement important pour les oiseaux marins à l’échelle du système atlantique du Nord-Est, par sa position géographique particulière (située en limite sud des populations boréales et en limite nord des populations méridionales) et ses conditions océanographiques (embouchures de grands fleuves, canyons sous-marins…).

    En hiver, le golfe de Gascogne peut accueillir plus d’une cinquantaine d’espèces d’oiseaux marins provenant d’origines diverses (migrateurs, hivernants, individus immatures ou erratiques,…) et un nombre d’individus très important. 

    En cette fin de période hivernale, la plupart des oiseaux ont entamé leur migration vers leur site de reproduction plus au nord, mais un certain nombre se trouvent encore en mer (dont des Alcidés, des fous de Bassan) et pourraient être touchés par la pollution.

    Ce début de printemps marque aussi le retour des migrateurs, venus d’Afrique ou de la péninsule ibérique, qui vont soit traverser le golfe de Gascogne, soit venir sur les côtes françaises, pour rejoindre leur site de reproduction. A titre d’exemple, au 21 mars, 48 000 goélands bruns ont été comptés à la Pointe de Grave (Nord Gironde) depuis le début du mois. (Source : www.migraction.net)

    Que faire en cas de découverte d’un oiseau ou animal malade ou pollué ?

    -    Suivez les consignes de sécurité de la préfecture maritime : www.premar-atlantique.gouv.fr et @premaratlant sur Twitter.

    -    Pour les oiseaux : https://www.lpo.fr/grandeamerica

    -    Pour les mammifères marins : Contactez le Centre Pélagis à La Rochelle au 05.46.44.99.10

    -    Pour les tortues marines : Contactez l’Aquarium de La Rochelle au 05.46.34.00.00