Réhabilitation hydromorphologique des sites d’orpaillage guyanais : l’AFB et ses partenaires s’impliquent !

Connaissances
Milieux aquatiques
Territoires

Le territoire guyanais est couvert à environ 95% par la forêt amazonienne primaire, et abrite à ce titre une biodiversité incroyable et méconnue. 

Selon un récent rapport WWF – Deloitte  (2018), la forêt guyanaise abriterait :

  • entre 7 000  et 10 000 espèces végétales, 
  • près de 1 200 espèces de vertébrés, 
  • 685 espèces d’oiseaux,
  • plus 400 000 espèces d’insectes. 

Un seul hectare de forêt guyanaise abriterait autant d’espèces d’arbres que toute l’Europe ! 

Une biodiversité riche mais fragilisée

Ces milieux d’une richesse inestimable sont pourtant fragiles et aujourd’hui largement menacés par différentes pressions, notamment par l’exploitation aurifère.  Une part importante  (70%) de l’or guyanais provient de l’orpaillage dit « alluvionnaire ». 

Cette méthode d’extraction, qui vise à remobiliser les particules d’or contenues dans les dépôts alluviaux des criques (cours d’eau), est à l’origine :

  • d’un fort accroissement de la déforestation, 
  • d’une déstructuration importante de l’ensemble des fonds de vallées exploités, 
  • d’une rectification des chenaux, 
  • de fortes perturbations des flux physiques (turbidité, colmatage par les sédiments fins, réchauffement de l’eau, pollution mercurielle, etc.) et biologiques (Fig.1).  

La réhabilitation des parcelles post-exploitation

Un arrêté préfectoral fixe, pour chaque autorisation délivrée, une obligation de réhabilitation des parcelles post-exploitation, visant notamment à favoriser leur revégétalisation.

Cependant, un manque de cadrage et d’orientation technique en lien avec le fonctionnement physique global des cours d’eau et des milieux rivulaires, réduit l’efficacité desdits travaux de réhabilitation (Fig.2).       

C’est dans ce contexte qu’un projet multi-partenarial fédérant l’ensemble des acteurs a été monté :

  • Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL),
  • Office de l'eau de Guyane (OEG),
  • Agence française pour la biodiversité (AFB),
  • Office national des forêts (ONF),
  • Fédération des opérateurs miniers de Guyane (FEDOM),
  • Collectivité territoriale de Guyane (CTG).

Une mission d’expertise interdirection au sein de l'AFB, a été menée sur le terrain en novembre dernier avec pour objectifs de :

  • rendre compte dans un premier temps des impacts de l’orpaillage sur les milieux aquatiques ;
  • fournir aux partenaires guyanais un appui technique concret ;
  • améliorer l’efficience des travaux de réhabilitation sur les zones exploitées. 

L’équipe d’experts s’est notamment attachée à apporter des solutions de terrain pour favoriser la reconstruction des lits fluviaux et de leurs marges, permettant, à moyen terme, d’envisager une amélioration de la fonctionnalité des milieux impactés. 

L’Agence appuie un suivi rigoureux et scientifique des opérations

Dans le même temps, des orientations sur les mesures d’évitement et de réduction, applicables aux phases chantier des exploitations alluvionnaires, ont également été formulées.

Au-delà des conseils techniques fournis, il s’agit pour l’Agence française pour la biodiversité (AFB) d’appuyer, dans le temps, un suivi rigoureux et scientifique des opérations de réhabilitation réalisées. 

Pour cela, un partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui sera en charge de l’analyse des données de suivi recueillies sur les sites pilotes dans les années à venir, a été monté. 

La finalité de ce travail partenarial est de fournir, à l’horizon 2021, un premier guide technique pour la réhabilitation hydromorphologique des cours d’eau guyanais soumis à l’orpaillage.