Zones humides : Dans les Hauts-de-France, le centre de formation de l'AFB, au cœur d'une zone humide

Milieux aquatiques
Territoires
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Le site du Paraclet est emblématique de l’histoire des zones marécageuses et des étangs en France. Cette zone humide au cœur  des tourbières de la vallée de la Somme a échappé aux travaux d’asséchement des  XIXe et XXe siècles.

Resté préservé, le domaine du Paraclet n’en a pas moins suivi l’histoire institutionnelle des milieux aquatiques : centre d’hydrobiologie, service des eaux et forêts, lieu de formation des gardes-pêche puis centre de formation de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), avant de devenir l’un des deux centres de formation de l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Cette évolution confère au site une identité unique, tant dans son architecture que dans la mémoire des agents de l’environnement qui s’y sont formés.

Avec l’AFB, une nouvelle page s’ouvre : le site du Paraclet est appelé à recevoir un nombre croissant de sessions de formation et à s’ouvrir à de nouvelles thématiques. 

Le domaine du Paraclet présente de nombreux atouts pour ce nouveau défi : de solides infrastructures pédagogiques, un laboratoire, un espace d’observation et d’expérimentation, des espaces de convivialité, d’échanges, et des infrastructures d’hébergement et de restauration.

Un site de formation unique au cœur d’espaces naturels emblématiques

Sur 28 hectares, le domaine du Paraclet compte une trentaine d’étangs alimentés par la Noye. Les marais présentent une importante diversité d’habitats aquatiques, amphibies (besoins aériens et aquatiques) et hygrophiles (besoins en eau très importants) grâce à l’important réseau d’étangs, de roselières (zones en bordures des étangs) et de boisements humides.

Le site intègre plusieurs périmètres naturels :

  • zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF) : zone Marais de Boves, Fouencamps, Thézy-Glimont et du Paraclet et zone Vallée de l’Avre, des trois Doms et confluence avec la Noye ; 
  • zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) : Étangs et marais du bassin de la Somme ;
  • zone de protection spéciale (ZPS) : site Natura 2000 des Étangs et marais du bassin de la Somme.
  • site Ramsar de la moyenne vallée de la Somme et de l’Avre

740 espèces ont été recensées sur le site depuis 1988, dont 93 sont d’intérêt communautaire. Parmi les 28 habitats présents sur le site, 17 sont également d’intérêt communautaire. Plusieurs plantes typiques des vasières sont d'un fort intérêt patrimonial et leur conservation nécessite une rotation des assecs des bassins. Plusieurs végétaux colonisant les berges des plans d'eau sont également remarquables : jonc à tépales obtus, scirpe des bois, gaillet des fanges… Certains végétaux aquatiques présentent aussi des enjeux de conservation. Concernant la faune, 153 espèces d'oiseaux, 24 espèces de poissons (brochet, perche, sandre, carpe, gardon, brème, anguille...) ont été recensées. Plusieurs espèces d'amphibiens, reptiles et odonates (plus familièrement appelées libellules ou demoiselles) sont présentes. 

Un défi, faire de ce site un lieu d’observation et de formation pour la biodiversité

Depuis le 07 septembre 2018, un pâturage équin a vu le jour sur le Centre de Formation du Paraclet. Cette nouvelle action, qui cadre avec le plan de gestion établi en 2017 par le Conservatoire d’Espaces Naturels de Picardie, est réalisée avec notre voisin et partenaire, le Lycée Agricole du Paraclet. Le centre de formation du Paraclet a ainsi accueilli deux nouveaux pensionnaires (imposants…) ! Cette gestion pastorale met un terme à des années de tonte mécanique qui annihilait tout le potentiel biologique. Cette dernière non exportatrice ne permettait pas l’expression d’une flore typique des prairies humides, ni l’accueil des espèces animales associées. La nouvelle gestion accroît la biodiversité de ce milieu, limite le dérangement de l’avifaune par les engins de tonte et limite les efforts des agents d’entretien du domaine qui se consacrent maintenant à d’autres missions.

Depuis cette première expérience, deux autres parcs en mégaphorbiaie ont vu le jour et procure une surface totale pâturée de deux hectares sur la zone humide du centre de formation de l’AFB au Paraclet.

Mais au-delà de ces chantiers, l’enjeu est de redonner toute sa place à la zone humide tant comme « outil d’observation » pour les stagiaires, que comme vitrine d'expérimentation, recherche, formation et sensibilisation. 

Dans cette perspective, le domaine du Paraclet s’ouvre au monde de la recherche et s’organise pour l’accueil des scolaires et du grand public. Plus que jamais, il entend répondre pleinement aux nouveaux défis de la préservation des milieux naturels en France, portée par l’Agence française pour la biodiversité.