PARTAGER

Zoom sur la lutte contre le braconnage de la civelle

Poisson grand migrateur amphihalin, l'anguille européenne se reproduit en mer des Sargasses, zone de l'océan Atlantique nord-ouest. Elle réalise sa phase de croissance dans les eaux douces continentales d'Europe et d'Afrique du Nord.

Après avoir subi un brusque effondrement dans les années 80, la population d'anguilles européennes a poursuivi son déclin. L'espèce est aujourd'hui classé en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

 

L'Europe et la France élaborent des plans d'actions

vignette_67_33
texte_p_67_33

Face à l’effondrement du stock d’anguilles européennes depuis les années 1980, l’espèce fait l’objet :

  • d’un plan d’actions européen de sauvegarde qui entre autres, établit des quotas pour la pêche et interdit l'exportation des civelles hors de l'Union européenne ;
  • d’un plan de gestion de l’anguille, élaboré par la France en 2010 en réponse au règlement européen de 2007.

Le plan national de gestion de l’anguille, approuvé par la Commission européenne en février 2010, s’attaque aux diverses causes du déclin de l’anguille, aujourd’hui en voie de disparition :

  • circulation entravée du fait de nombreux aménagements sur les cours d’eau,
  • dégradation des habitats,
  • pollution des eaux et des sédiments,
  • pêche et braconnage.

Une des causes principale du déclin des populations des civelles (alevins de l’anguille) est la pêche illégale. En effet, la civelle se vend à prix d’or :

  • 350-420€/kg au sortir des bateaux (370€/kg pour la consommation ; 240€/kg pour le repeuplement),
  • jusqu'à 1000€/kg auprès de mareyeurs en Espagne
  • 2000 à 4000€/kg en Asie.

Un kilogramme contient environ 3000 civelles.

 

La lutte contre le braconnage de civelles

Depuis 30 ans, la population des civelles, qui arrivent de la zone de reproduction située dans la mer des Sargasses, s’effondre.

Les Unités Spécialisées Migrateurs (USM) et les services départementaux de façade maritime de l’AFB concentrent donc leurs efforts sur la civelle de novembre à mai.

Les contrôles portent sur le respect de la réglementation de la pêche et la traçabilité de la filière de commercialisation qui est devenue internationale.

Les agents travaillent en interservices avec : la Gendarmerie Nationale (OCLAESP notamment), la Gendarmerie Maritime, la police, les Douanes, l’ONCFS, les DIRM, les DML et les Ulam avec des effectifs renforcés tant en compétence qu’en nombre.

Pour monter une opération de lutte contre le braconnage de civelles qui se déroule le plus souvent de nuit, les policiers de l’environnement sont attentifs à plusieurs indicateurs :

  • un lieu de blocage de la migration (écluse, vanne, clapet),
  • un coefficient de marée,
  • une nuit bien noire,
  • des basses pressions atmosphériques.

Ces éléments sont les conditions favorables pour une bonne pêche et la présence probable de braconniers.